Pêche au gros : thon rouge, coryphène, matériel et réglementation 2026

La pêche au gros, c’est la pêche en bateau des grands poissons du large : thon rouge, dorade coryphène, sériole, et sous les tropiques marlin ou thon jaune. Elle demande un matériel taillé pour des combats longs : canne de classe adaptée, moulinet à frein puissant, harnais. En France, le thon rouge ne se pêche qu’avec une autorisation pour le navire, et l’espadon comme le germon sont interdits en Méditerranée depuis juillet 2025.

Voici les espèces à viser, les techniques, comment choisir ta canne et ton moulinet, le permis qu’il te faut et les règles de la campagne 2026.

Je pêche surtout du bord : ce guide s’appuie sur les textes officiels et sur les pratiques reconnues de la pêche au gros, pas sur mes propres sorties au large.

La pêche au gros en bref (France, 2026)

Question Réponse courte
Espèce phare Le thon rouge, en Méditerranée et en Atlantique
Autorisation ? Oui pour le thon rouge, une par navire, à demander du 1er avril au 31 mai en 2026
Garder un thon rouge Seulement avec une bague de marquage, 1 thon par navire et par jour, en période de conservation
Taille minimale du thon rouge 30 kg ou 115 cm à la fourche
Espadon et germon en Méditerranée Interdits, y compris en pêcher-relâcher (moratoire de 3 ans depuis juillet 2025)
Déclaration RecFishing en Méditerranée Dorade coryphène et dorade rose ; le thon rouge se déclare à FranceAgriMer
Techniques principales Traîne, broumé, lancer aux leurres de surface, jigging
Permis Permis côtier jusqu’à 6 milles d’un abri, extension hauturière au-delà

Qu’est-ce que la pêche au gros ?

La pêche au gros (en anglais big game fishing) est la pêche de loisir en mer des grands poissons pélagiques, c’est-à-dire des espèces qui vivent en pleine eau et parcourent de longues distances. Elle se pratique depuis un bateau, souvent loin des côtes, avec un matériel capable d’encaisser des poissons de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de kilos.

Ce qui la distingue de la pêche en mer classique, c’est l’organisation : chercher les chasses et les oiseaux, lire le sondeur, travailler en équipe à bord, mener un combat parfois long, puis relâcher le poisson dans de bonnes conditions.

Pour le thon rouge, la réglementation distingue deux formes de pêche de loisir :

  • la pêche sportive, pratiquée par des pêcheurs adhérents d’une organisation sportive nationale ou titulaires d’une licence sportive ;
  • la pêche récréative, dont les prises sont réservées à la consommation du pêcheur et de sa famille.

Dans les deux cas, la vente des prises est interdite.

Les poissons de la pêche au gros et ce que tu as le droit d’en faire

Avant de parler matériel, il faut savoir quelle espèce tu vises et ce que la loi permet. En Méditerranée française, la liste des grands poissons accessibles en loisir s’est réduite.

Espèce Où Statut en pêche de loisir (France)
Thon rouge Méditerranée, golfe de Gascogne, Bretagne sud Pêche possible si le navire a une autorisation ; conservation seulement avec bague
Dorade coryphène Méditerranée (occasionnelle), outre-mer Autorisée ; à déclarer sur RecFishing en Méditerranée
Espadon Méditerranée, Atlantique Interdit en Méditerranée française, même en pêcher-relâcher (le moratoire ne vise que cette façade)
Thon germon Atlantique, Méditerranée Interdit en Méditerranée française, même en pêcher-relâcher (le moratoire ne vise que cette façade)
Bonite, thonine, liche amie, sériole Plus près des côtes, Méditerranée et Atlantique Autorisées ; règles plus strictes dans certaines zones (parcs marins)
Marlin, thon jaune, thazard Réunion, Antilles et autres destinations tropicales Selon la réglementation locale

Le thon rouge, l’espèce reine

Le thon rouge (Thunnus thynnus) est le poisson qui a fait la réputation de la pêche au gros en Europe. Migrateur et très puissant, il peut dépasser plusieurs centaines de kilos. Il chasse en bancs les sardines, les anchois et les maquereaux.

Illustration d'un thon rouge (Thunnus thynnus) vu de profil, dos sombre et ventre argenté
Thon rouge (Thunnus thynnus). Illustration du domaine public, via Wikimedia Commons.

C’est aussi l’espèce la plus encadrée. Son stock est géré au niveau international par l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique), puis réparti entre les pays. En 2026, le quota français réservé à la pêche de loisir est de 80,3 tonnes. Les règles détaillées sont plus bas.

La dorade coryphène, plus facile que le thon

La dorade coryphène (Coryphaena hippurus), appelée mahi-mahi dans beaucoup de pays, n’a aucun lien avec la dorade royale. Elle appartient à une famille à part, les Coryphaenidae.

On la reconnaît à ses couleurs vert et jaune et au front très bombé des grands mâles. Elle se tient souvent sous les objets flottants : épaves, palettes, bouées, amas de végétaux. Trouver ces abris, c’est souvent trouver les poissons.

Dorade coryphène (Coryphaena hippurus) aux flancs bleus et jaunes, vue de profil
Dorade coryphène (Coryphaena hippurus). Photo : Hugues Evano (Ifremer), CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

C’est une bonne espèce pour débuter au gros : combative, elle saute beaucoup et se prend avec un matériel moyen. Limite : le ministère de la Mer la décrit comme occasionnelle en Méditerranée, donc ne compte pas en trouver à chaque sortie. Sur cette façade, chaque capture, même relâchée, se déclare sur RecFishing.

Espadon et germon : interdits en Méditerranée française

Depuis l’arrêté du 8 juillet 2025, la pêche de loisir de l’espadon et du thon germon est sous moratoire pendant 3 ans dans les eaux françaises de Méditerranée. L’interdiction vaut pour la conservation et pour le pêcher-relâcher : on ne peut plus cibler l’espadon, même pour le remettre à l’eau.

En cas de capture accidentelle, une déclaration est obligatoire dans les 48 heures. Beaucoup de vidéos montrent encore l’espadon de nuit en Méditerranée comme une pêche courante : ce n’est plus le cas dans les eaux françaises.

Bonite, thonine, liche et sériole : la porte d’entrée

Avant de viser un thon rouge, beaucoup de pêcheurs commencent par les « petits » pélagiques : bonite à dos rayé, thonine, liche amie, sériole. Ils se pêchent plus près des côtes, avec un bateau modeste et un matériel léger à moyen. On y apprend à lire une chasse, à régler un frein et à tenir un combat.

Bonite à dos rayé (Sarda sarda) en pleine eau, lignes sombres sur le dos
Bonite à dos rayé (Sarda sarda) à Tenerife. Photo : michael_bommerer, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Vérifie les règles de ta zone : dans le Parc naturel marin du golfe du Lion, la liche amie doit par exemple mesurer au moins 50 cm (2 par jour) et la sériole 65 cm (2 par jour). Pour ces deux poissons, voir les guides de la liche amie et de la sériole.

Les techniques de pêche au gros

Quatre techniques couvrent l’essentiel de la pêche au gros en France. Le choix dépend de l’espèce, de la saison et de ce que font les poissons le jour de la sortie.

Technique Espèces Quand Point fort Limite
Traîne Thon rouge, coryphène, bonite Pour prospecter une grande zone Couvre beaucoup d’eau Consommation de carburant
Broumé Thon rouge Thons dispersés ou profonds Fixe les thons près du bateau Long, beaucoup d’appât
Lancer (popping, stickbait) Thon rouge, sériole, coryphène Chasses en surface Touches visibles et violentes Dépend des chasses
Jigging Sériole, thon Poissons repérés au sondeur Précis en profondeur Physique, demande un bon sondeur

La traîne

La traîne consiste à faire nager des leurres derrière le bateau en mouvement. On déploie plusieurs lignes à des distances différentes, parfois écartées par des tangons (longues perches fixées sur les côtés du bateau). Cet éventail de lignes s’appelle un « spread ».

Les leurres à jupe se traînent plus vite que les poissons nageurs plongeants. C’est la technique de prospection quand on ne sait pas encore où sont les poissons. Elle se pratique avec des cannes courtes et des moulinets à tambour tournant posés dans les porte-cannes.

Le broumé

Le broumé est la technique méditerranéenne classique du thon rouge. Bateau à la dérive, on distribue en continu de la sardine hachée et des morceaux dans le courant. Cette traînée d’appât attire les thons jusqu’au bateau.

Chaque hameçon est garni d’une sardine entière, sur un montage aussi discret que possible, puis la ligne dérive dans la traînée. Il faut de la patience : un broumé se tient souvent plusieurs heures.

Le lancer aux leurres de surface

Quand les thons chassent en surface, l’eau bouillonne et les oiseaux plongent. On lance alors un popper, qui projette de l’eau à chaque coup sec, ou un stickbait, qui nage en zigzag. On approche la chasse sans la traverser et on lance en bordure.

C’est la technique la plus spectaculaire, mais elle demande un matériel solide et un bon niveau de lancer.

Le jigging

Le jigging consiste à animer verticalement un leurre métallique, le jig, sous le bateau. Il marche bien sur les sérioles et sur les thons repérés en profondeur au sondeur. C’est une pêche physique.

Quel leurre pour le thon rouge ?

Le bon leurre pour le thon dépend de la technique et de la profondeur où se tiennent les poissons : leurres à jupe ou poissons nageurs plongeants à la traîne, popper ou stickbait au lancer sur une chasse, jig quand les thons restent profonds. Au broumé, on ne pêche pas au leurre mais à la sardine.

Quelle canne et quel moulinet pour la pêche au gros et le thon ?

Le bon ensemble dépend d’abord de l’espèce et de la technique : il n’existe pas de canne de pêche au gros qui fasse tout. Un ensemble pour la bonite sera dépassé par un thon rouge, et un ensemble pour le thon rouge rendra la pêche de la coryphène sans intérêt.

Pour la traîne et le broumé, la puissance se lit en classe de ligne, exprimée en livres (lbs) : c’est la résistance de la ligne pour laquelle la canne et le moulinet sont conçus. On parle ainsi d’un ensemble « 30 lbs » ou « 80 lbs ».

Usage Canne Moulinet Ligne
Traîne côtière (bonite, coryphène, liche) Canne de traîne légère, classe 12 à 30 lbs Tambour tournant de taille moyenne Nylon
Thon rouge au broumé ou à la traîne Canne stand-up, classe 50 à 80 lbs Tambour tournant de gros, de préférence 2 vitesses Nylon ou tresse forte
Thon rouge et sériole au lancer Canne de popping puissante Grand moulinet spinning à frein puissant Tresse
Jigging Canne de jigging adaptée au poids des jigs Moulinet de jigging à forte récupération Tresse fine

La canne à thon : stand-up et traîne

Une canne stand-up est une canne courte et puissante, conçue pour combattre debout avec un harnais plutôt qu’assis dans un siège de combat. C’est la canne la plus utilisée pour le thon rouge en Méditerranée, où peu de bateaux de plaisance ont un siège.

Ce qu’il faut regarder : la classe de ligne (elle doit correspondre à celle du moulinet), des anneaux à rouleaux ou renforcés, une poignée qui se loge dans la ceinture de combat. Limite : une stand-up 80 lbs est inutilement lourde pour la bonite ou la coryphène.

Le moulinet pour le thon : le tambour tournant

Un moulinet à tambour tournant est un moulinet dont la bobine tourne sur elle-même à la récupération, au lieu de rester fixe comme sur un moulinet spinning. Il encaisse mieux les longues fuites du poisson et les gros diamètres de ligne : c’est le moulinet standard de la traîne et du broumé.

Sur les modèles de gros, deux éléments comptent : le frein à levier, qui se règle précisément et garde son réglage pendant le combat, et les deux vitesses, qui permettent de passer en vitesse lente et puissante pour remonter un poisson lourd. Limite : un moulinet de gros est cher et lourd, et ne sert à rien au lancer.

L’ensemble de lancer pour le popping

Au lancer, on utilise une canne de popping et un grand moulinet spinning (à bobine fixe). Le moulinet doit avoir un frein puissant et régulier, et une bobine qui contient assez de tresse pour encaisser les départs d’un thon. Limite : c’est un ensemble spécialisé, peu polyvalent, et fatigant à lancer toute une journée.

La tresse se relie au bas de ligne par un nœud fin et solide, comme le FG knot, expliqué dans le guide des nœuds de pêche.

Le moulinet électrique : ce que dit la loi

En pêche de loisir, les moulinets électriques sont autorisés dans la limite de 3 par navire, d’une puissance de 800 watts maximum chacun. Ils servent surtout à la pêche en grande profondeur, rarement au gros classique, où le combat se mène à la main.

Les équipements à ne pas oublier

  • Un harnais et une ceinture de combat : ils répartissent l’effort sur le dos et les jambes. La ceinture reçoit le talon de la canne.
  • Des hameçons circle : leur pointe recourbée pique le plus souvent au coin de la bouche, ce qui facilite la remise à l’eau.
  • Des gants pour saisir le bas de ligne en fin de combat.
  • Une pince coupante capable de couper tresse et fluorocarbone épais.
  • Un sondeur pour repérer les bancs de petits poissons dont se nourrissent les thons, et les poissons en profondeur.
  • Une pince à entailler, si ton navire a une bague thon rouge : la bague doit être entaillée à la date de capture.

Réglementation 2026 de la pêche au gros en France

En 2026, le thon rouge se pêche en loisir uniquement avec une autorisation pour le navire, une bague pour garder un poisson et une déclaration de chaque débarquement. Les règles ci-dessous viennent de l’arrêté du 24 mars 2026, modifié par l’arrêté du 4 août 2026. Un nouvel arrêté fixe les dates et le quota de chaque campagne : vérifie toujours celui de l’année en cours.

Thon rouge : les règles de la campagne 2026

Règle Campagne 2026
Autorisation Obligatoire, une seule par navire ; le document doit être à bord
Demande Du 1er avril au 31 mai, par téléprocédure (Télésisaap) ou par courrier ; obligatoirement via ta fédération si tu es adhérent
Service compétent en Méditerranée DIRM Méditerranée à Marseille (Occitanie, PACA) ; DMLC à Ajaccio (Corse)
Pêcher-relâcher Du 1er juin au 15 novembre
Conservation Du 10 juillet au 16 octobre, 1 thon par navire et par jour, navires sous pavillon français uniquement
Taille minimale 30 kg ou 115 cm à la fourche
Marquage Bague (orange en 2026) serrée sur la queue dès la capture, entaillée à la date de capture
Déclaration Formulaire à FranceAgriMer et renvoi de la bague sous 48 heures après le débarquement
Quota loisir 80,3 tonnes ; fermeture dès que 80 % sont consommés (seuil pouvant être porté à 90 % avec un suivi quotidien)

La « longueur à la fourche » se mesure du bout du museau jusqu’au creux de la nageoire de queue.

Points souvent mal compris :

  • L’autorisation ne suffit pas pour garder un thon. Seule la bague de marquage vaut autorisation de capture et de débarquement.
  • Un thon remonté mort en pêcher-relâcher se déclare à FranceAgriMer sous 48 heures, même sans bague. Sans bague, il ne peut pas être gardé à bord.
  • Le thon débarqué doit être entier ou vidé, pour qu’on puisse mesurer sa longueur à la fourche.
  • Les navires de l’Union européenne non français n’ont droit qu’au pêcher-relâcher.
  • Si le quota ferme, le pêcher-relâcher ferme aussi pour les pêcheurs concernés.
  • Une bague non utilisée doit être renvoyée à FranceAgriMer, avec une déclaration, avant le 31 octobre.

Espadon et thon germon en Méditerranée

Depuis l’arrêté du 8 juillet 2025, leur pêche de loisir est interdite pendant 3 ans dans les eaux françaises de Méditerranée, conservation comme remise à l’eau. Une capture accidentelle se déclare sous 48 heures.

RecFishing : ce qu’il faut déclarer

En Méditerranée, tout pêcheur de loisir de 16 ans et plus doit s’enregistrer chaque année sur l’application RecFishing, y compris du bord, sauf pour la pêche à pied. Les espèces à déclarer y sont la dorade coryphène et la dorade rose, le jour même de la capture et même si elles sont relâchées.

Exception : dans le Parc national des Calanques, le Parc naturel marin du golfe du Lion et celui du cap Corse et de l’Agriate, c’est l’application CatchMachine qui remplace RecFishing, pour l’enregistrement comme pour les déclarations.

Le thon rouge a été retiré de la liste RecFishing en avril 2026 : ses débarquements se déclarent à FranceAgriMer, comme indiqué plus haut. Tout le fonctionnement de l’application est expliqué dans le guide RecFishing.

Les autres règles à connaître

  • La vente des prises de pêche de loisir est interdite.
  • Les espèces soumises au marquage (par exemple le loup ou la dorade royale) doivent avoir la partie inférieure de la nageoire de queue coupée.
  • Dans le Parc naturel marin du golfe du Lion, la pêche de loisir a ses propres tailles et quotas.

Où et quand pratiquer la pêche au gros en France

En France métropolitaine, la pêche au gros se pratique surtout de l’été à l’automne, en Méditerranée et dans le golfe de Gascogne. L’outre-mer permet de pêcher d’autres espèces une grande partie de l’année.

En Méditerranée

Le large du golfe du Lion, la côte provençale et la Corse sont les secteurs les plus connus pour le thon rouge. La coryphène se cherche au large, sous les objets flottants.

En Atlantique

Le golfe de Gascogne et la Bretagne sud, autour de Groix et des Glénans, sont devenus des secteurs reconnus pour le thon rouge en été et en début d’automne.

Outre-mer et étranger

La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique offrent marlins, thons jaunes, thazards et coryphènes. Chaque territoire a ses propres règles : à La Réunion, par exemple, un seul moulinet électrique est autorisé par navire. Renseigne-toi auprès des affaires maritimes locales.

Sortir avec un professionnel

Pour une première fois, le plus simple est de partir avec un bateau de pêche encadrée, un navire dit « NUC » (navire de plaisance à utilisation commerciale, qui transporte des passagers payants). Pose trois questions avant de réserver :

  1. Le navire a-t-il une autorisation thon rouge pour la saison en cours ?
  2. A-t-il une bague, ou la sortie se fera-t-elle uniquement en pêcher-relâcher ?
  3. Le matériel et le harnais sont-ils fournis ?

Quel permis et quel équipement pour partir au large ?

Le permis et l’équipement obligatoires dépendent de ta distance à un abri, c’est-à-dire à un endroit de la côte où le bateau peut se mettre en sécurité. Pour un bateau à moteur de plus de 4,5 kW (6 chevaux), le permis côtier suffit jusqu’à 6 milles d’un abri (environ 11 km). Au-delà, il faut l’extension hauturière, qui s’ajoute au permis côtier.

Pour le matériel de sécurité, la réglementation (la « division 240 ») fixe quatre zones. La dotation de chaque zone s’ajoute à celle de la zone précédente.

Zone Distance d’un abri Ce que ça change
Basique Moins de 2 milles Dotation de base
Côtière De 2 à 6 milles Dispositif de repérage et d’assistance en plus (bouée fer à cheval ou couronne)
Semi-hauturière De 6 à 60 milles VHF fixe obligatoire, entre autres compléments
Hauturière Au-delà de 60 milles Compléments à la dotation semi-hauturière

Le thon rouge se cherche souvent loin des côtes : regarde sur la carte à quelle distance d’un abri se trouve ta zone avant de partir, pas une fois sur place. La liste complète du matériel figure sur le site du ministère de la Mer.

Comment combattre et relâcher un gros poisson

Un bon combat est un combat court : plus il dure, plus le poisson s’épuise et moins il a de chances de survivre à la remise à l’eau. C’est aussi pour ça qu’un matériel sous-dimensionné n’est pas « plus sportif » : il rallonge le combat au détriment du poisson.

Pendant le combat

  1. Règle le frein avant la sortie. Un repère souvent cité est un frein réglé autour d’un quart à un tiers de la résistance de la ligne.
  2. Pompe. Relève la canne pour gagner du terrain, puis récupère la ligne en redescendant.
  3. Travaille avec les jambes. Le harnais transmet l’effort au corps entier, pas seulement aux bras.
  4. Manœuvre le bateau pour garder le poisson devant ou sur le côté, et éviter qu’il passe sous la coque.

Pour une remise à l’eau réussie

  • Laisse le poisson dans l’eau autant que possible.
  • Décroche-le vite ; si l’hameçon est avalé, coupe le bas de ligne au plus près.
  • Fais circuler l’eau dans ses branchies en avançant très doucement avant de le lâcher.
  • Relâche-le quand il donne des coups de queue vigoureux.
  • Pour une coryphène, déclare la capture sur RecFishing le jour même, même relâchée.

Les erreurs qui coûtent cher en pêche au gros

  • Pêcher le thon rouge sans autorisation, même en pêcher-relâcher.
  • Confondre autorisation et droit de garder : sans bague, aucun thon ne reste à bord.
  • Prévoir une sortie espadon en Méditerranée : interdite jusqu’à la fin du moratoire.
  • Sous-dimensionner le matériel : combat interminable, poisson épuisé, casse fréquente.
  • Mélanger les classes : avec une ligne bien plus forte que la canne, c’est la canne qui risque de casser avant la ligne.
  • Oublier la déclaration : FranceAgriMer pour le thon rouge, RecFishing pour la coryphène.
  • Partir sans regarder la météo marine : les zones de pêche au gros sont souvent loin des abris.

Questions fréquentes sur la pêche au gros

Peut-on pêcher le thon rouge sans autorisation ?

Non. En France, toute pêche de loisir du thon rouge, même en pêcher-relâcher, demande une autorisation délivrée au navire. Elle se demande au printemps (du 1er avril au 31 mai en 2026) auprès de la direction de la mer dont dépend le port d’immatriculation, ou via sa fédération.

Quelle est la taille minimale du thon rouge ?

30 kg ou 115 cm à la fourche. Pour le garder, il faut aussi une bague de marquage et pêcher pendant la période de conservation.

Peut-on encore pêcher l’espadon en Méditerranée ?

Pas dans les eaux françaises. Depuis juillet 2025, un moratoire de 3 ans interdit la pêche de loisir de l’espadon et du thon germon en Méditerranée, même en remise à l’eau.

Quelle canne et quel moulinet pour le thon rouge ?

Au broumé ou à la traîne, une canne stand-up de classe 50 à 80 lbs avec un moulinet à tambour tournant à frein à levier, de préférence 2 vitesses. Au lancer, une canne de popping puissante et un grand moulinet spinning.

Quel leurre pour pêcher le thon rouge ?

Des leurres à jupe ou des poissons nageurs plongeants à la traîne, un popper ou un stickbait sur une chasse, un jig quand les thons restent profonds.

Quel matériel pour débuter la pêche au gros ?

Un ensemble de traîne légère (classe 20 à 30 lbs) avec un moulinet à tambour tournant moyen, pour la bonite, la liche et la coryphène. Il permet d’apprendre sans investir dans un ensemble thon rouge.

Quel permis faut-il pour la pêche au gros ?

Pour un bateau à moteur de plus de 4,5 kW, le permis côtier jusqu’à 6 milles d’un abri, et l’extension hauturière au-delà.

Faut-il déclarer un thon rouge relâché ?

Un thon relâché vivant n’a pas à être déclaré sur RecFishing depuis avril 2026. Un thon remonté mort en pêcher-relâcher, lui, doit être déclaré à FranceAgriMer sous 48 heures.

La dorade coryphène est-elle une dorade ?

Non. Malgré son nom, elle n’a aucun lien avec la dorade royale. C’est un poisson du large, appelé mahi-mahi dans de nombreux pays.

Pour tes sorties plus près des côtes, vois aussi le guide de la pêche du loup (bar) du bord et celui des leurres pour le bar.

Sources : arrêté du 24 mars 2026 relatif à la pêche de loisir du thon rouge pour l’année 2026 (JO du 26 mars 2026), modifié par l’arrêté du 4 août 2026 (JO du 5 septembre 2026, quota) ; arrêté du 8 juillet 2025 réglementant la pêche de loisir du thon germon et de l’espadon en Méditerranée ; arrêté du 17 mai 2011 modifié (espèces à marquer) ; annexe de l’arrêté du 12 février 2024, Parc naturel marin du golfe du Lion ; code rural et de la pêche maritime, article R. 921-89 (moulinets électriques) ; ministère de la Mer, plaquette Pêche de loisir en mer, avril 2026 (RecFishing, CatchMachine, coryphène), page Le permis plaisance et page Le matériel d’armement et de sécurité (zones de navigation).

Crédit photo : image d’en-tête, thon à l’aquarium de Monterey, Jean Ogden, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

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